01/12/2016
A quels prestataires de soins confions-nous la santé de nos enfants ? Les Mutualités Libres ont analysé les dépenses de santé comptabilisées en 2014 afin d’identifier les prestataires consultés par les parents pour le suivi de leur enfant.
 
Quel est le prestataire de référence de nos enfants ?
 
  • Jusqu’à l’entrée en maternelle, les enfants sont essentiellement suivis par un pédiatre. De 0 à 2 ans, 36% des bébés consultent en effet régulièrement un pédiatre, tandis que 15% ne voient qu’un médecin généraliste et 35% sont suivis par les 2 prestataires de soins. La prise en charge de ces enfants semble donc correctement assurée.
  • Sans trop de surprises, le suivi par un pédiatre diminue avec l’âge de l’enfant. Dès 3 ans, la proportion d’enfants suivis uniquement par un généraliste s’élève à 35% et grimpe ensuite à près de 60% parmi les adolescents (13-18 ans).
  • En grandissant, les enfants sont moins suivis : en maternelle,1 enfant sur 4 (23%) ne consulte pas de pédiatre ou de généraliste dans l’année. A partir de 7 ans, c’est 1 enfant sur 3.
  • Très interpellant, on remarque que 1 bébé sur 7 (14%) n’est suivi ni par un pédiatre, ni par un médecin généraliste. Cette proportion augmente à 19% chez les bébés issus de familles économiquement défavorisées (BIM) et à 18% chez les bébés de familles monoparentales, soit 1 bébé sur 5. Ce pourcentage élevé de bébés sans médecin de référence est inquiétant pour le suivi de la santé des enfants.
Les enfants sans médecin de référence sont-ils pris en charge médicalement ?
 
43% des bébés concernés n’ont eu aucune prestation en soins de santé remboursée sur l’année. Une hypothèse optimiste pourrait être que ces enfants sont en bonne santé… Mais n’existe-t-il pas un risque de sous-consommation de soins ?
Pour avoir une idée plus claire de leur prise en charge, nous avons examiné si les bébés non suivis avaient été vaccinés contre le rotavirus. Ce vaccin est utilisé pour protéger les nourrissons des gastroentérites dues à une infection au rotavirus. Résultat : 66% des bébés sans médecin de référence ont été vaccinés alors qu’ils sont 87% parmi les enfants qui consultent régulièrement un pédiatre ou généraliste. On observe donc une différence significative dans le nombre de bébés vaccinés, ce qui pourrait être le résultat d’un moins bon suivi.
 
Pour que l’enfant soit vacciné, il est nécessaire d’obtenir une prescription médicale pour acheter le vaccin en pharmacie. Vu les pourcentages, une partie des enfants non suivis par un généraliste ou un pédiatre ont quand même eu un contact médical. On peut raisonnablement supposer que ces enfants ont été examinés par des organismes tels que l’ONE ou Kind en Gezin (en Flandre). Toutefois, la couverture de la population infantile par ces institutions n’est pas totale.

 

Consultez les communiqués de presse