23/12/2013
La prise en charge de la dépression chez les adolescents repose sur la psychothérapie, seule dans les formes légères à modérées, en association avec un antidépresseur dans les cas plus sévères.
 
L’étude réalisée sur les données des affiliés adolescents des Mutualités Libres a montré une réalité qui s’écarte des recommandations de bonne pratique :
 
  • Trop d’antidépresseurs sont consommés pendant une durée insuffisante (31% < 1mois, 59% < 3 mois) et doivent donc être considérés comme un traitement inapproprié. En effet, soit l’antidépresseur était nécessaire, et alors la durée de traitement est insuffisante, soit il ne l’était pas, et n’aurait donc pas dû être prescrit.
  • 60% des prescriptions d’antidépresseur de moins d’1 mois sont initiées par un médecin généraliste. Sachant que le diagnostic de la dépression chez l’adolescent est difficile, la pertinence de la prescription d’un antidépresseur chez certains adolescents peut être mise en question.
  • Seule une minorité (un tiers) des adolescents qui prennent un antidépresseur suivent un traitement de psychothérapie, et le nombre de séances de psychothérapie est souvent très limité. Le recours à cette modalité essentielle du traitement de la dépression reste donc nettement insuffisant. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette constatation, entre autres les difficultés d’accès et les préjugés par rapport à la psychiatrie. L’absence de (re)connaissance et de remboursement de la psychothérapie est certainement un élément important. Une connaissance insuffisante de l’intervention de l’assurance complémentaire peut aussi y contribuer.
Une limitation de l’étude est le fait que nous ne disposons pas du diagnostic justifiant la prescription de l’antidépresseur (classe ATC NO6A). Cela ne modifie toutefois pas la portée de nos conclusions, qui peuvent s’appliquer aux différentes pathologies traitées par les médicaments de cette classe.
 
Sur base de cette étude, nous pouvons conclure que la prescription des antidépresseurs aux adolescents pose problème et que la prise en charge des troubles dépressifs dans cette population est loin d’être optimale.