01/06/2014
L’utilisation de médicaments chez les personnes âgées est élevée. Ces personnes souffrent souvent de plusieurs affections (chroniques) et utilisent différents médicaments en même temps. La littérature semble aussi indiquer que la prescription aux patients résidant en maison de repos pour personnes âgées (MRPA) ou en maison de repos et de soins (MRS) ne se déroule pas de façon optimale.
 
La recherche internationale a démontré que ceci peut conduire à la polymédication et l’apparition d’effets indésirables. Il est donc important que le bon médicament soit administré au bon moment.
L’étude belge PHEBE soulevait les mêmes problèmes, à savoir l’utilisation d’un grand nombre de médicaments et de combinaisons de médicaments, au moins un problème potentiel de sous-prescription chez la moitié des résidents et une utilisation élevée de benzodiazépines, d’antidépresseurs et d’antipsychotiques (Vander Stichele et al., 2006).
 
Selon une revue Cochrane (Alldred et al., 2013) incluant huit études, différentes interventions peuvent jouer un rôle dans l’amélioration de la qualité de prescription : la réévaluation régulière du schéma de médication (medication review), la concertation multidisciplinaire entre médecins, pharmaciens et infirmiers, les programmes de formation pour les médecins, l’utilisation de programmes de soutien ICT, etc. (Alldred et al., 2013). Cette revue indique qu’une grande partie des problèmes liés à la médication peut être résolue par ces interventions. Il n’est cependant pas clair dans quelle mesure elles ont un impact sur l’amélioration de la qualité de vie, l’hospitalisation ou la mortalité (Alldred et al., 2013).
 
Les nombreuses publications ont amené l’INAMI à faire les premières démarches en vue de publier des lignes directrices autour de l’utilisation de médicaments et du processus en matière de médicaments dans les MRPA-MRS. Une étude initiée par l’INAMI a pour but, d’une part, de trouver un système de choix adéquat et de prescription rationnelle des médicaments via une concertation au niveau du patient individuel, et d’autre part, de formuler des recommandations relatives à la prescription, la délivrance et l’administration de médicaments. Différentes maisons de repos pour personnes âgées et maisons de repos et de soins se sont portées candidates pour participer à cette étude, dont les résultats devraient être communiqués en 2016.
 
A partir du 1er janvier 2015, la tarification à l’unité sera introduite dans les maisons de repos pour les médicaments remboursés ayant une forme pharmaceutique orale-solide. En limitant la tarification aux quantités effectivement délivrées, un gaspillage peut être évité et l’utilisation de la préparation de médication individuelle est encouragée.