1 enfant belge sur 5 est en surpoids. Non seulement parce que 12 % des jeunes ne bougent pas assez et passent jusqu’à près de trois heures par jour devant la télévision, mais aussi parce que le petit écran les bombarde de publicités pour des boissons rafraîchissantes, bonbons et autres fast foods. La révision de la directive européenne en matière de services de médias audiovisuels pourrait être source de soulagement, mais la proposition actuelle ne va pas assez loin. Les Mutualités Libres appellent les autorités belges à remettre les points sensibles sur la table des négociation.

Opportunité (manquée) au niveau européen

Protéger nos enfants contre les publicités à la télé incitant à la « malbouffe »: la révision de la directive européenne en matière de services de médias audiovisuels devrait donner l’opportunité d’atteindre cet objectif. Toutefois, la proposition actuelle de la Commission européenne, qui doit encore être approuvée par le Parlement européen et les Etats membres, ne va pas assez loin. L’Europe n’impose en effet aucune obligation au secteur alimentaire lui-même, mais demande juste une « autorégulation ». Pire : l’alcool et les fast foods n’entrent pas dans le cadre de cette législation. Les Mutualités Libres demandent aux autorités belges de remettre ces sujets à l’ordre du jour des négociations.

Appliquer au maximum les points positifs

Soulignons tout de même quelques éléments positifs. La nouvelle directive donne aux Etats membres l'opportunité d’imposer des limitations aux émetteurs étrangers. Un instrument important pour notre pays, car tous les enfants du royaume regardent des programmes télévisés diffusés par les pays voisins, France et Pays-Bas en tête. Grâce à cette possibilité, des réglementations plus laxistes en vigueur dans les pays limitrophes ne pourront plus avoir d’influence négative sur la santé des enfants belges. Les Mutualités Libres demandent dès lors aux autorités belges de soutenir clairement cette proposition spécifique de la Commission. De plus, la nouvelle directive donne également l’opportunité à notre pays de prendre des mesures dans des secteurs liés, comme la diffusion de publicités dans les jeux vidéo en ligne, qui ont une grande influence sur les habitudes de consommation des jeunes.

Prévention et sensibilisation également

Imposer des règles est une chose, mais nous ne devons pas perdre de vue l'importance de la prévention et de la sensibilisation. Il est essentiel de continuer à investir dans des campagnes ciblées pour apprendre aux enfants et aux jeunes à adopter une attitude critique face aux « publicités nocives » présentes dans leur environnement moderne (réseaux sociaux, smartphones...). D’autres secteurs, comme l’enseignement, ont un rôle important à jouer en la matière. La révision de la directive européenne crée des opportunités. Les autorités belges doivent maintenant les saisir. Sans oublier de s’aligner avec les autorités régionales, car au final ce sont elles qui sont compétentes en matière de prévention et de promotion de la santé.

Xavier Brenez, Directeur général de
l'Union Nationale des Mutualités Libres