Enfants à besoins de santé spécifiques : 25 % de risque d’arrêts de travail en plus pour leurs parents

Un enfant à besoins spécifiques est un enfant pouvant souffrir d’une maladie chronique physique ou de troubles du développement, du comportement ou de troubles émotionnels. Ces garçons et filles ont généralement davantage recours aux soins de santé que les autres enfants de leur âge.
Les Mutualités Libres ont cherché à identifier ces enfants parmi leurs membres de 0 à 17 ans (données de 2019) sur base de critères liés aux mécanismes de protection sociale : allocation de soins pour les enfants ayant un besoin de soutien spécifique, forfait "malades chroniques", statut "affection chronique" et maximum à facturer "malade chronique". Elles se sont également appuyées sur la consommation de médicaments et sur les séjours dans les structures de soins spécifiques. Elles ont enfin tenu compte de la composition familiale.
Il ressort de l’étude qu’environ un enfant sur 15 en Belgique a des besoins de santé spécifiques (6,4 % d’entre eux), plus souvent des garçons que des filles. Une famille sur 10 est composée d’au moins un enfant à besoins spécifiques: 11,9 % des familles en Flandre, 9,7 % en Wallonie et 8 % à Bruxelles.
Les études existantes ne disent rien sur l’impact, en Belgique, du besoin spécifique de l’enfant sur le parent. Il est cependant admis sur le plan international que ces parents connaissent (entre autres) un moins bon état de santé général, plus de stress pour l’éducation de leurs enfants, plus de problèmes physiques, un moins bon sommeil et davantage de problèmes de santé mentale.
Pour pallier à ce manque d’informations, les chercheurs ont croisé les données relatives aux parents d’enfants avec minimum un enfant à besoins spécifiques avec les données de l’incapacité de travail, de l’invalidité et du chômage. Il en ressort que :
• si 8,6 % des parents sans enfants à besoins spécifiques sont en incapacité de travail (de courte durée), ils sont 11 % à l’être lorsqu’ils en ont un et même 12,9 % s’ils en ont deux.
• si 6,1 % des parents sans enfants à besoins spécifiques sont en invalidité (incapacité de travail d’une durée supérieure à un an), ils sont 9,3 % à l’être lorsqu’ils en ont un et même 13,5% s’ils en ont deux.
• le fait d’avoir un enfant à besoins spécifiques n’a que peu d’impact sur le chômage des parents
Il faut admettre que les aides existantes ne protègent pas les parents d’impacts pour leur santé et leur situation professionnelle, même si des aides financières existent.
Les Mutualités Libres formulent une série de recommandations :
Aux autorités publiques :
A l’INAMI, Institut National D'Assurance Maladie-Invalidité :
Aux médecins-conseils des mutualités :
Aux services sociaux des mutualités :
Des recommandations équivalentes sont faites aux médecins du travail et aux prestataires de soins.
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